Illus Otter retourna bien des fois bavarder à la Guilde des illustrateurs, il en tira des conseils fort utiles, qu’il compila en un mini recueil :
« Pour trouver la bonne formule, fie-toi à la taille de ton interlocuteur »
Lorsque l’on est édité pour la toute première fois, on doit souvent se contenter de vérifier que les clauses ne sont pas abusives et que le pourcentage de droits d’auteur qui vous est octroyé n’est
pas en dessous de la moyenne officielle de 2 à 6 % (sur le prix catalogue du livre bien entendus). Après si l’éditeur peut (ou bien souvent veut) il vous offrira une avance sur droits ou à
valoir(la plupart du temps cela correspondra à 50% des droits de vente sur le premier tirage), à notez que s’il n’est pas stipulé de tirages minimum sur le contrat, l’à valoir devient
obligatoire…
Donc la première fois on est souvent obligé de signer ce qu’on nous présente, même si l’on trouve que le pourcentage est faible par exemple…Après votre premier bouquin édité vous et votre éditeur
serez en mesure de….Mesurer justement l’étendue de votre talent et de vos « pouvoirs magiques » vis à vis du public. Pour cela deux éléments qui ne trompent pas : les salons du livre et…un second
contrat bien entendu !
« Tournois de bouquins et autres batailles de crayons »
Aahh son premier salon du livre, une expérience magique ! Si tant est que vos bouquins séduisent le public, vous risquez d’avoir vite mal au poignet…Cependant aussi agréable que puisse être le
salon en question, il ne faut jamais perdre de vue que c’est un travail, vous pourriez tout aussi bien être chez vous, au chaud, confortablement installé dans un pouf poilu à déguster un délicieux
chocolat chaud agrémenté de succulents sablés à l’amande fait maison….Mais je m’égare, donc vous pourriez tout aussi bien être là, mais non, vous êtes dans ce salon bruyant à dédicacer et votre
présence attire les gens, donc vous faites vendre plus de livres à votre éditeur ! Si je dis tout ça, c’est pour bien appuyer le fait qu’en aucun cas un seul denier ne doit sortir de votre poche
pour être sur place, tout doit être pris en compte : pitance, hébergement, et transport bien entendu ! Si le salon ne prend en compte que l’hébergement et le sandwich, c’est votre éditeur qui doit
prendre en charge le trajet, obligatoirement. Le seul cas où vous pouvez payer de votre poche, c’est lorsque vous touchez plein pot sur vos bouquins, dans le cas d’une auto-édition, ou à la limite
si vous avez racheté une bonne partie de vos bouquins à pas chère (c’est à dire plus de 50% du prix catalogue).
« Negocium, le sort magique des seconds contrats »
Le second contrat ou second projet de livre est la preuve la plus flagrante que vous n’êtes pas si nul en formule magique ! Si votre éditeur accepte de lancer un second projet avec vous, c’est que
manifestement vous lui rapportez un minimum, il ne vous éditera jamais par philanthropie ou parce que vous êtes son ami, à ce propos d’ailleurs, je vous invite à lire ce recueil fort intéressant
d’un aventurier qui connaît la forêt : http://www.fuckingkarma.com/2007/09/13/editeur-edi-tueur/
Donc votre premier sort jeté vous a prouvé que vous avez un minimum de talent ? Il est donc temps de demander quelques boostages de baguette magique !
Comme il est dit plus haut, il faut bien savoir à qui l’on à affaire afin de savoir sur quel pied danser, vous ne pourrez pas demander la même chose à une petite maison d’éditions indépendante qu’à
une grosse maison, mais il ne faut jamais perdre de vue que certains éditeurs n’hésiteront pas à bluffer sur leurs moyens afin de vous accorder moins, mais pour détectez tant bien que mal ce genre
de pratiques il faut déjà se renseigner sur les tirages minimum sur un titre, le nombre de bouquins publiés par an aussi, la qualité de ceux-ci…Il est aussi intéressant de voir où ils se rendent en
salon, en bref, si le discours est du style : « Nous éditons 50 titres par an à 4000 exemplaires minimum (et nous allons à l’autre bout du monde pour un salon)…Mais nous n’avons pas les moyens de
t’offrir 5% de droits (sans avances) sur le prochain bouquin ! »
Il est conseillé de passer son chemin…
Vous vous rendrez compte aussi de l’honnêteté et du professionnalisme de votre éditeur dans sa capacité à vous entendre et à savoir parler et négocier avec vous. Vous travaillez avec lui depuis
plus de trois ans ? Vous pensez qu’il était votre ami ? Vous vous rendez compte qu’au bout de trois ans où vous vous êtes défoncé pour lui à illustrer ses bouquins (des fois en bouclant le boulot
en une semaine chrono) pour une misère de 3% sans avances de droits, il accepte à peine le dialogue (dans ce genre de cas ça vire plus souvent au monologue d’ailleurs) et vous envoie balader à la
première doléance, sans aucune estime pour votre personne ni votre travail? Ce n’est plus la peine de travailler pour lui, aller voir ailleurs…
«Negocium » est donc un sort délicat à maîtriser mais indispensable, aussi bien pour gagner sa pitance que pour débusquer les loups déguisés !
Petite séance remerciements (ouuaahh on se croirait aux oscars!!) : Merci à Madame Rowling déjà qui en a inspiré plus d'un et nous a fais rêver, merci à ceux qui liront le pavé, et surtout si vous
aussi faite partie de la confrérie, n'hésitez pas à laisser vos impressions sur le domaine et/ou à me signaler si je dis une bêtise! En bref comme dirait les jeunes, "lâchez vos coms" :D
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